Par cette fenêtre, j’aperçois le paysage. Il est cadré par les montants de bois qui découpent deux bandes parallèles dans le tissu continu du dehors. Je parie qu’il est continu mais je ne le vois pas ainsi.

Cauquelin, p.103

Cadrer la nature afin qu’elle devienne paysage. Sinon, elle n’est que nature. Degré zéro. Origine. Rare est la nature qui n’est que nature. Elle est organisée, construite. Elle est langage. Elle est image. Composée par nos a priori, par nos apprentissages. Elle est mémoire. Chaque regard cadre un potentiel paysage.

Il y a toujours eu des paysages, sinon quoi ?

Cauquelin, p.20

Selon la tradition des beaux-arts, on doit imiter la nature. En sélectionner les plus beaux objets. Les assembler afin d’en créer une parfaite représentation. Il n’est pas de simple représentation du paysage. Le paysage articule une présence. Le paysage est un art de l’espace habité. Il y a coexistence. Activer un espace, exécuter des gestes, faire apparaitre. Construire des vues. Produire des images. De la fiction. Une pratique de l’espace.

Le paysage, c’est habiter le monde et être habité par lui.

Besse, p.50

Habiter le monde, c’est être en relation. Présentes à ce qu’il y a aux alentours. À ce qu'il y a entre. Présentes à ce qu’il y a dans.

C’est par notre corps propre, sous les espèces de nos paysages, que nous habitons le monde. Le paysage est une géographie sensible, affective, une géographie nourrie des contacts physiques et sensibles avec le monde et les autres…

Besse, p.106

Il y a rencontre. Et elles entrent en dialogues paysagés.

 

L’espace pratiqué devient images. La vérité sensible se confond à l’apparence sensible.

Mais enfin, au départ, il n’y a pas grand-chose : du rien, de l’impalpable, du pratiquement immatériel : de l’étendue, de l’extérieur, ce qui est à l’extérieur de nous, ce au milieu de quoi nous nous déplaçons, le milieu ambiant, l’espace alentour.

Perec, p.13

La nature.

Bouton_suite_de_l’exposition_blanc.png
centre_dexpo_1200x400_blanc.png