INGRID TREMBLAY

Tender light

Le paysage participe de l’éternité de la nature, un toujours déjà là, avant l’homme, et sans doute après lui. En un mot, le paysage est une substance.

Cauquelin, p.20

La texture. Comme si le grain, figé, détaillé, souligné, travaillé, de l’image pouvait possiblement générer un mouvement. Comme si celle-ci était substance. Et que soudainement elle s’animait. Alors, choisir un espace fixe. Selon la lumière. Dans la matière du paysage. Mais pas une nature sélectionnée puis recomposée, encerclée et contenue. La forêt plutôt. La nature [organisée] de la montagne. Prendre des images à différents instants. Toujours suivre la lumière. Puis, les faire défiler, une à la suite de l’autre. [Re]créer ce mouvement. Celui évoqué par la texture. Qu’illusion. Une réalité altérée. Les ombres défilent et elle se déplace. Thus mellowed to that tender light*. Cette lumière. La matière même du paysage. Le contour est fixe. Ou presque. Le vent. Les feuilles. Le lent déplacement du jour. Un espace cadré sur le même espace. Un temps composé qui défile sur un temps réel. Les temps de la nature. Furtif, à la fois infini. L’étirement du temps. Et puis, celui de l’œuvre. Retour à l’image. Même matière, même substance. Survivance.

*Extrait de She walks in beauty, Lord Byron

... le temps du paysage n’est pas linéaire ni accumulatif et continu.

Besse, p.64

Jennifer Dickson, Lord Byron’s Wishing Garden, c. 1975, sérigraphie, E/A, 6/7, 43.63.5 cm, don de monsieur Charles Théroux. © Jennifer Dickson 2020. Photo : Patrick-Olivier Meunier (2016). Collection d'oeuvres d'art de l'Université de Montréal.

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