Dans le cadre de sa programmation 2022-23, le Centre d’exposition de l’Université de Montréal (CEUM) présente l’exposition Au fil des îles, archipels du 8 septembre au 19 novembre 2022. Cette exposition, commissariée par Analays Alvarez Hernandez et Raquel Cruz Crespo, présente les œuvres des artistes Cécilia Bracmort, Léuli Eshrāghi, Patrick F. Henry, Kama La Mackerel, Yen-Chao Lin, Marigold Santos.

Au fil des îles, archipels met en relation six artistes en provenance d’îles à travers le monde, ou ayant des origines insulaires. Au fil du temps, ces artistes se sont invité·es à Montréal/Tiohti:áke/Mooniyang, territoire autochtone non cédé. Dans des registres visibles et invisibles, les œuvres rassemblées dans cette exposition sont façonnées par des conditions insulaires et diasporiques, réelles et imaginaires, présentes et passées de leurs créateur·rices. Telles des îles, elles installent des rapports de proximité et d’éloignement et brouillent ainsi les distinctions de type île de départ et île d’arrivée pour interroger les possibilités d’une relation archipélique et proposer une représentation affective de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. 

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Artistes

Cécilia Bracmort 

 

Cécilia Bracmort est une artiste et commissaire française et canadienne vivant à Montréal. Son héritage caribéen (Martinique et Guadeloupe) influence ses pratiques artistiques et commissariales, qui sont axées sur les notions d’identité – individuelle ou collective –, de mémoire et d’histoire. Cécilia questionne dans son art ses « couches identitaires » dans une société en plein processus de décolonisation. Elle favorise le mélange des genres, la transdisciplinarité et l’expérimentation, et cherche à ouvrir les portes d’autres perceptions du monde, afin d’encourager les gens à sortir des sentiers battus et à voir le monde sous des jours nouveaux.   

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Léuli Eshrāghi

 

Léuli Eshrāghi, artiste, auteur·ice, commissaire et chercheur·se d’ascendance samoane/persane/ cantonaise. Iel s'interpose entre les territoires visuels afin de privilégier la visualité internationale autochtone et diasporique asiatique, les langues sensuelles et parlées, et les pratiques cérémonielles politiques. Iel s’interroge sur les futurités autochtones telles que hantées par les violences militouristiques et missionnaires continues qui ont jadis effacé les personnes faʻafafine-faʻatama des structures de parenté et de connaissance. En 2022, Eshrāghi présente de nouvelles œuvres à la Tate Modern (Londres) dans A Clearing in the Forest, et aux Queensland Art Gallery | Gallery of Modern Art (Meanjin/Brisbane) dans  Embodied Knowledge: Contemporary Queensland Art.  

 

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Patrick F. Henry

Patrick F. Henry est un artiste d’origine haïtienne qui vit à Montréal depuis 2011. Il est diplômé de l’Université du Québec à Montréal (UQAM, 2019). Il a reçu la Bourse d’excellence en sculpture de la Fondation McAbbie de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM pour son installation Je suis nouveau ici (2020). Artiste pluridisciplinaire, il explore la thématique du « devenir » à travers la sculpture, la peinture et l’installation. Par l’appropriation d’objets du quotidien déviés de leur fonction et de matériaux récupérés, ses œuvres se déploient le plus souvent sous la forme d’un site favorisant des relations avec le public, l’invitant à faire une expérience de reconstruction de soi.

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Kama La Mackerel

 

Ayant hérité son nom du dieu de l'amour, Kama La Mackerel est un·e auteur·ice multilingue, artiste visuel·le, performeur·e, traducteur·ice et éducateur·ice qui croit en l'amour, la transformation et la justice.  Son travail interdisciplinaire façonne des espaces hybrides et articule des vocabulaires décoloniaux et queers. Avec une attention pour les récits océaniques, la souveraineté des îles, la poétique transgenre et la guérison ancestrale, l'ensemble de ses créations remet en question les notions coloniales d'espace-temps en lien avec l'histoire, le pouvoir, le langage, le corps, et la formation du sujet. 

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Yen-Chao Lin  林延昭

 

Yen-Chao Lin 林延昭 est une artiste multidisciplinaire basée à Montréal. Recueilleuse et passionnée d’histoire naturelle, elle collectionne des spécimens biologiques, botaniques et minéraux, et tout objet qui sonde les vestiges d’un passé récent ou lointain, ayant une histoire à raconter. À travers le jeu, la collaboration et la fouille, elle explore ce qui a cessé d’exister, mais dont la présence est encore saisissable. Sa pratique multidisciplinaire l’amène à travailler à la main de manière tactile et épurée en intégrant fréquemment des techniques artisanales. Ses œuvres ont été présentées à Art Metropole (Toronto), à la Berlinale (Berlin), au Musée d’art contemporain de Montréal, à SAVVY Contemporary (Berlin), à SBC galerie d'art contemporain (Montréal) et au TIFF Lightbox (Toronto), parmi d’autres.

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Marigold Santos

 

Marigold Santos privilégie une pratique artistique interdisciplinaire qui comprend le dessin, la peinture et l’impression, ainsi que la sculpture, le tatouage et le son. Son travail explore le soi et l’identité ; cette dernière s’ouvre à la multiplicité, à la fragmentation et à l’autonomisation, en s’inspirant d’expériences de mouvement et de migrations. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université de Calgary et une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Récipiendaire de bourses du Conseil des arts du Canada, de l’Alberta Foundation for the Arts et du Conseil des arts et des lettres du Québec, elle continue d’exposer à travers le Canada. Marigold Santos vit et travaille à Mohkinstsis/Calgary.

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Commissaires

Analays Alvarez Hernandez

 

Analays Alvarez Hernandez est historienne de l’art, commissaire d’exposition indépendante et professeure adjointe au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Alvarez Hernandez s’intéresse aux pratiques artistiques actuelles, qu’elle étudie à la lumière des études postcoloniales, décoloniales et diasporiques. Avec le soutien du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et du Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FRQ-SC), ses principaux projets de recherche portent sur les « galeries domestiques » dans des sociétés (post-)socialistes, les artistes de la diaspora latino-américaine au Canada et la décolonisation des institutions universitaires et muséales. Alvarez Hernandez a assuré le commissariat de plusieurs expositions à La Havane, Tkaronto (Toronto) et Tiohti:áke/Mooniyang (Montréal). 

Raquel Cruz Crespo

 

Raquel Cruz Crespo est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’art de l’Universidad de La Habana. Dans cette ville, elle a travaillé comme chargée de projets dans les milieux institutionnel et privé. Cruz Crespo a notamment participé au commissariat des expositions collatérales présentées par le Centre de développement des arts visuels lors de la 12e Biennale de La Havane (2015). Depuis l’obtention d’une maîtrise en Pratiques de recherche et action publique de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), elle agit à titre de travailleuse culturelle et chercheuse indépendante à Montréal. Elle s’intéresse aux résidences d’artistes, à la médiation culturelle et aux espaces alternatifs d’art. Elle est présentement co-coordinatrice de la programmation artistique à DARE-DARE.